22 novembre 2012 - ArrĂȘtĂ© ministĂ©riel portant extension de la zone vulnĂ©rable du territoire du Pays de Herve
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Le Ministre de l'Environnement, de l'Aménagement du Territoire et de la Mobilité,
Vu le Livre II du Code de l'Environnement, contenant le Code de l'Eau, notamment les articles D.167, D.177 et R.190 Ă  R.192;
Vu l'arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du 26 fĂ©vrier 2006 dĂ©signant le territoire du Pays de Herve en zone vulnĂ©rable;
Considérant que les eaux alimentées via le territoire situé à l'est, à l'ouest et au sud de la zone vulnérable précédemment désignée risquent de subir une eutrophisation ou de présenter des concentrations en nitrates supérieures à 50 milligrammes par litre si ne sont pas prises des mesures de gestion de l'azote en agriculture;
ConsidĂ©rant en effet, que les derniers rĂ©sultats de la surveillance de la teneur en nitrate appelĂ©e « survey nitrate Â» dĂ©montrent l'approche sensible du seuil de 50 milligrammes de nitrates par litre dans les eaux visĂ©es;
ConsidĂ©rant qu'il s'impose d'Ă©tendre les mesures de protection supplĂ©mentaires telles que prĂ©vues par le programme d'actions visĂ© aux articles R.213 Ă  R.224 du Livre II du Code de l'Environnement, contenant le Code de l'Eau aux exploitations agricoles situĂ©es dans la zone vulnĂ©rable ci-aprĂšs dĂ©signĂ©e;
Vu l'enquĂȘte publique organisĂ©e du 16 aoĂ»t 2012 au 17 septembre 2012 sur le territoire des communes concernĂ©es par l'extension de la zone, conformĂ©ment aux dispositions du Livre Ier du Code de l'Environnement;
ConsidĂ©rant que de nombreuses remarques Ă©mises lors de l'enquĂȘte publique tendent Ă  montrer que l'exportation du surplus d'engrais de ferme, surtout vers des destinations Ă©loignĂ©es, reprĂ©sente un coĂ»t Ă©levĂ©, difficile Ă  supporter par certaines exploitations agricoles dĂ©tenant du bĂ©tail; que les rĂ©sultats des rĂ©seaux de mesure dans les territoires situĂ©s Ă  l'est de la Gueule prĂ©sentent des rĂ©sultats acceptables en ce qui concerne les nitrates; que l'exclusion de cette partie du territoire de la dĂ©signation en zone vulnĂ©rable permettrait un transport de l'excĂšs d'effluents d'Ă©levage vers des destinations moins Ă©loignĂ©es;
ConsidĂ©rant que, lors de l'enquĂȘte publique, il a Ă©tĂ© indiquĂ© que l'exportation du surplus d'engrais de ferme reprĂ©sente un coĂ»t environnemental, Ă  mettre en balance avec la plus grande protection des eaux offerte par la dĂ©signation en zone vulnĂ©rable; considĂ©rant toutefois que l'importance de la protection offerte outrepasse les Ă©ventuels coĂ»ts environnementaux gĂ©nĂ©rĂ©s par les mesures de protection applicables en zone vulnĂ©rable prĂ©vues par le programme d'actions visĂ© par le Livre II du Code de l'Environnement, contenant le Code de l'Eau;
ConsidĂ©rant qu'il a Ă©tĂ© demandĂ© lors de l'enquĂȘte publique de prĂ©voir une disposition transitoire; que le problĂšme sous-jacent est la possibilitĂ© de trouver des accepteurs pour le surplus d'effluents d'Ă©levages Ă  exporter; que le prĂ©sent arrĂȘtĂ© entrera en vigueur le 1er janvier 2013 mais que la lĂ©gislation autorise une conclusion de ces contrats jusqu'au 31 dĂ©cembre de cette mĂȘme annĂ©e;
ConsidĂ©rant que de nombreuses remarques issues de cette enquĂȘte publique tendent Ă  attribuer la majeure partie de la pollution causĂ©e par les nitrates Ă  l'augmentation de l'urbanisation; que du simple point de vue d'un bilan des excrĂ©tas rejetĂ©s vers le milieu extĂ©rieur la quantitĂ© d'azote produite par la totalitĂ© du cheptel wallon pour l'annĂ©e 2010 est Ă©valuĂ©e Ă  74 393 tonnes; que pour cette mĂȘme annĂ©e, sans mĂȘme tenir compte d'un facteur d'Ă©puration pourtant Ă©valuĂ© Ă  65 % et en constante amĂ©lioration, la quantitĂ© d'effluent produite par l'entiĂšretĂ© de la population wallonne est Ă©valuĂ©e Ă  12 491 tonnes, ce qui reprĂ©sente moins d'un cinquiĂšme du chiffre prĂ©cĂ©dent; que ce bilan ne tient pas non-plus compte des engrais azotĂ©s Ă©pandus sur les terres agricoles; que par lĂ , la responsabilitĂ© de l'agriculture dans la pollution par le nitrate apparaĂźt clairement Ă©tablie;
ConsidĂ©rant qu'il a Ă©tĂ© affirmĂ© que la justification du tracĂ© retenu dans le projet est peu convaincante compte tenu du fait que fort peu de points de mesure dĂ©passent la valeur en nitrates de 50 mg/l stipulĂ©es dans la Directive 91/676/CE; que la mĂȘme directive prend en considĂ©ration pour la dĂ©signation des zones vulnĂ©rables toutes les eaux « qui risquent d'atteindre cette valeur de 50 mg/l si des mesures ne sont pas prises Â» et que, par consĂ©quent, il convient de prendre en considĂ©ration non seulement les dĂ©passements de la valeur mais Ă©galement le risque de dĂ©passement de la teneur en nitrate si des mesures ne sont pas prises;
ConsidĂ©rant que, selon certaines remarques, la norme de 170 kg d'azote par hectare sur l'ensemble de la superficie agricole utile des exploitations agricoles diminuerait le taux de carbone des sols, les rendant plus vulnĂ©rables Ă  l'Ă©rosion; que la lĂ©gislation impose dĂ©jĂ  une norme plus restrictive sur les sols de culture et qu'il est notable que le taux de matiĂšres organique des sols de prairie y est nettement supĂ©rieur Ă  cause de la permanence du couvert; que la prairie constitue une protection naturelle contre l'Ă©rosion; que dĂšs lors, la remarque ne peut ĂȘtre accueillie;
Considérant qu'il est demandé d'informer rapidement les exploitations agricoles des contraintes additionnelles liées au taux de liaison au sol; que l'information sur leur taux de liaison au sol prospectif sera communiquée aux agriculteurs aussi rapidement et précisément que possible;
ConsidĂ©rant que certaines remarques issues de cette enquĂȘte publique tendent Ă  dĂ©montrer que l'impact d'une extension des zones vulnĂ©rables sera limitĂ© car la mesure porte principalement sur les prairies qui valorisent trĂšs bien l'azote Ă©pandu; que mĂȘme si l'impact d'une telle mesure est certes limitĂ©, il n'est pas nul; que, outre la limitation des quantitĂ©s Ă©pandues, d'autres mesures Ă©galement bĂ©nĂ©fiques pour la qualitĂ© des eaux sont imposĂ©es en zone vulnĂ©rable, notamment au sujet du labour des prairies;
ConsidĂ©rant que certaines remarques font Ă©tat d'une diminution du cheptel dans la rĂ©gion d'Eupen depuis trente ans; qu'il convient d'indiquer que cette diminution constatĂ©e s'accompagne d'une excrĂ©tion de matiĂšres azotĂ©es accrue par tĂȘte de bĂ©tail;
Considérant que l'extension de la zone vulnérable, à l'est de la Gueule jusqu'à la frontiÚre allemande ne se justifie pas au regard des concentrations observées en nitrates au niveau des eaux de surface et souterraines;
ConsidĂ©rant que certaines remarques issues de cette enquĂȘte publique tendent Ă  dĂ©montrer que le plan de gestion publiĂ© en exĂ©cution de la Directive-Cadre sur l'Eau (2000/60/CE) pour le bassin de la Meuse relativiserait la pertinence mĂȘme de l'extension dĂ©cidĂ©e; qu'aprĂšs examen, il apparaĂźt qu'une lecture erronĂ©e de certains tableaux figurant dans le projet de plan de gestion est Ă  l'origine de cette remarque; que ledit document n'est donc pas en contradiction avec la prĂ©sente extension;
ConsidĂ©rant qu'il est demandĂ© que l'extension ne concerne pas les superficies situĂ©es en zone agricole dĂ©favorisĂ©e; qu'il convient de rĂ©pondre Ă  cette remarque par le fait que la Directive 91/676/CEE du Conseil du 12 dĂ©cembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates Ă  partir de sources agricoles ainsi que le Livre II du Code de l'Environnement, contenant le Code de l'Eau ne permettent pas d'exclure des zones vulnĂ©rables les territoires situĂ©s en zone agricole dĂ©favorisĂ©e,
ArrĂȘte:

Art. 1er.

La rĂ©gion naturelle dite du Pays de Herve (ou plateau de Herve) est une zone vulnĂ©rable dĂ©signĂ©e en application des articles R.191 et R.192 du Livre II du Code de l'Environnement, contenant le Code de l'Eau.

Art. 2.

Les limites du territoire situĂ© dans la zone dĂ©finie Ă  l'article 1er sont fixĂ©es Ă  l'annexe Ire et illustrĂ©es Ă  l'annexe II du prĂ©sent arrĂȘtĂ©.

Art. 3.

L'arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du 28 fĂ©vrier 2006 dĂ©signant le territoire du Pays de Herve en zone vulnĂ©rable est abrogĂ©.

Art. 4.

Le prĂ©sent arrĂȘtĂ© entre en vigueur le 1er janvier 2013.

Ph. HENRY

ANNEXE Ire

Description des limites de la zone vulnérable du territoire du Pays de Herve
Les coordonnĂ©es topomĂ©triques sont exprimĂ©es dans le systĂšme « Lambert belge 1972 Â»
En partant de la confluence de la Meuse avec l'Ourthe:
A. Rive droite de l'Ourthe puis de la Vesdre jusqu'Ă  sa confluence avec le Bach;
Rive droite du Bach jusqu'Ă  son intersection avec la rue Rotenberg;
CÎté est de la rue Rotenberg jusqu'à la Rotenbergplatz;
CÎté sud de la voirie passant successivement par la rue Stendrich et la rue Stockem;
CÎté nord de la rue Am Kiesel jusqu'à la Herbesthallerstrasse (N67);
CÎté est de la voirie passant successivement par la Herbesthallerstrasse (N67), la Hochstrasse, la rue Gemehret, la Langgasse, le Carnolsweg et la Rabotratherstrasse jusqu'à son intersection ave le Fontensbach;
Rive gauche du Fontensbach jusqu'Ă  sa confluence avec le Lontzenerbach;
Rive gauche du Lontzenerbach jusqu'Ă  sa confluence avec le Hohnbach;
Rive gauche du Hohnbach jusqu'Ă  sa confluence avec la Gueule;
Rive gauche de la Gueule jusqu'Ă  la frontiĂšre avec les Pays-Bas.
B. Rive droite de la Meuse jusqu'Ă  la frontiĂšre avec les Pays-Bas.
Vu pour ĂȘtre annexĂ© Ă  l'arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du 22 novembre 2012 portant extension de la zone vulnĂ©rable du territoire du Pays de Herve.
Namur, le 22 novembre 2012.
Ph. HENRY