Attention, la version visualisée n'est pas applicable actuellement
28 février 1882 - Loi sur la chasse
Télécharger
Ajouter aux favoris

LEOPOLD II, Roi des Belges,
A tous, présents et à venir, SALUT.
Les chambres ont adopté et Nous sanctionnons ce qui suit:

Art. 1er.

Le Ministre de l'agriculture fixe, chaque année, pour chaque province ou partie de province, pour chaque catégorie, espÚce, type ou sexe de gibier et pour chaque mode de chasse, les dates de l'ouverture et celles de la clÎture de la chasse.

Les arrĂȘtĂ©s relatifs Ă  l'ouverture et Ă  la fermeture de la chasse sont publiĂ©s huit jours au moins avant la date des Ă©poques fixĂ©es.

Art. 1er bis .

La présente loi entend par gibier tous les animaux appartenant aux espÚces mentionnées dans cet article.

Le gibier est classé selon les catégories suivantes:

a) Grand gibier: le cerf (Cervus elaphus), le chevreuil (Capreolus capreolus), le daim (Dama dama), le mouflon (Ovis musimon) et le sanglier (Sus scrofa);

b) Petit gibier: le liÚvre (Lepus europaeus), le faisan (Phasianus colchicus), le petit tétra ou tétra lyre (Lyrurus tetrix), la perdrix (Perdix perdix), la bécasse des bois (Scolopax rusticola), et la grive mauvis (Turdus iliacus), la grive draine (Turdus viscivorus), la grive litorne (Turdus pilaris), la caille (Coturnix coturnix coturnix), le merle (Turdus merula) et le lagopÚde d'Ecosse (Lagopus scoticus);

c) Gibier d'eau: toutes les espÚces d'oies et de canards (Anatidae), pour autant que ces oiseaux ne soient pas élevés comme oiseaux de basse-cour, le pluvier doré (Pluvialis apricarius), la bécassine des marais (Gallinago gallinago), la bécassine double (Gallinago media), la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus), la foulque macroule (Fulica atra), et le vanneau (Vanellus vanellus), la mouette rieuse (Larus ridibundus), la mouette argentée (Larus argentatus) et la poule d'eau (Gallinula chloropus);

d) Autre gibier: le pigeon ramier (Columba palumbus), les corneilles noire et mantelĂ©e (Corvus corone corone et Corvus corone cornix), le corbeau freux (Corvus frugilegus), le choucas des tours (Corvus monedula), le geai des chĂȘnes (Garrulus glandarius), la pie (Pica pica), le lapin (Oryctolagus cuniculus), le renard (Vulpes vulpes), le chat sauvage (Felis sylvestris), le chat haret (Felis catus), le putois (Putorius putorius), l'hermine (Mustela erminea), la belette (Mustela nivalis), l'Ă©cureuil (Sciurus vulgaris), les martres commune et domestique (Martes martes et Martes foina), le blaireau (Meles meles, la loutre (Lutra lutra), et les phoques (Phoca vitulina et Halichoerus grypus).

Art. 2.

La chasse est interdite, sous peine d'une amende de 100 francs, aprĂšs le coucher et avant le lever du soleil.

Toutefois, le Ministre de l'agriculture pourra autoriser dans certaines provinces ou parties de provinces, à des époques et moyennant des conditions déterminées, la chasse au canard pendant la nuit et l'affût à la bécasse.

Art. 2 bis .

§1er. La chasse à tir est interdite sur tout territoire dont la superficie d'un seul tenant est inférieure à vingt-cinq hectares au nord et à l'ouest du sillon Sambre et Meuse et à cinquante hectares au sud de ce sillon.

Pour l'application de l'alinéa 1er, sont considérés comme étant des territoires d'un seul tenant, sur l'étendue desquels il est permis de chasser sans solution de continuité, les territoires qui sont traversés par un chemin public ou privé, un cours d'eau non navigable ou une voie ferrée.

Toutefois, ne sont pas considérés comme étant d'un seul tenant les territoires:

1° qui sont traversĂ©s soit par une autoroute, soit par une voie navigable soit par une voie ferrĂ©e d'une largeur, berges comprises, de plus de cinquante mĂštres;

2° qui sont reliĂ©s par des parties dont les dimensions ne permettent pas d'inscrire dans celles-ci un cercle d'un rayon minimal de vingt-cinq mĂštres.

La chasse à tir est également interdite sur toute partie d'un territoire, quelle que soit la superficie de celui-ci, lorsque les dimensions de cette partie ne permettent pas d'y inscrire un cercle d'un rayon minimal de vingt-cinq mÚtres.

§2. La chasse Ă  tir au gibier d'eau est cependant permise sur un territoire d'une superficie moindre que celle dĂ©terminĂ©e au §1er, Ă  condition que ce territoire comprenne, au moment oĂč cette chasse est pratiquĂ©e, une surface d'eau minimale d'un hectare d'un seul tenant, sur laquelle la chasse est autorisĂ©e.

Pour l'application de l'alinéa 1er, sont considérés comme étant d'un seul tenant, toutes les surfaces d'eau ininterrompues, ainsi que les plans d'eau reliés entre eux naturellement ou artificiellement par une voie d'eau.

§3. Les infractions aux dispositions du présent article sont recherchées, constatées, poursuivies et punies conformément aux articles 8, alinéa 1er, 11, 16, 18, 20 à 24 et 26 à 30.

Art. 3.

Il est interdit, sous peine d'une amende de 50 francs, de chasser sur les voies ferrĂ©es et leurs dĂ©pendances.

Il est Ă©galement interdit, sous la mĂȘme peine, de chasser sur les chemins publics et les berges des voies ferrĂ©es, Ă  tout autre qu'au propriĂ©taire riverain ou Ă  son ayant droit.

Toutefois, le riverain ne pourra user de cette faculté sur les berges des voies ferrées que pour y chasser le lapin au moyen de bourses et de furets.

Art. 4.

Il est dĂ©fendu de chasser, en quelque temps et de quelque maniĂšre que ce soit, sur le terrain d'autrui, sans le consentement du propriĂ©taire ou de ses ayants droit, sous peine d'une amende de 50 francs, sans prĂ©judice de dommages-intĂ©rĂȘts, s'il y a lieu.

L'amende sera portĂ©e Ă  100 francs quand le terrain sera clos de murs ou de haies.

Art. 5.

Seront punis d'une amende d'un franc Ă  10 francs ceux qui auront sciemment laissĂ© chasser ou vagabonder leurs chiens sur les terres oĂč le droit de chasse appartient Ă  autrui.

Pourra ĂȘtre considĂ©rĂ© comme ne tombant pas sous l'application de cet article, ni sous celle de l'article prĂ©cĂ©dent, le fait du passage des chiens sur l'hĂ©ritage d'autrui lorsqu'ils seront Ă  la poursuite d'un gibier lancĂ© sur la propriĂ©tĂ© de leur maĂźtre, sauf l'action civile en cas de dommages.

Art. 6.

Il est dĂ©fendu, sous peine d'une amende de 50 francs, de chasser, de quelque maniĂšre que ce soit, hors des Ă©poques fixĂ©es par le Ministre de l'agriculture, sans prĂ©judice du droit, appartenant au propriĂ©taire ou au fermier, de repousser ou de dĂ©truire, mĂȘme avec des armes Ă  feu, les bĂȘtes fauves qui porteraient dommage Ă  leurs propriĂ©tĂ©s.

Il est Ă©galement dĂ©fendu, sous la mĂȘme peine, d'enlever ou de dĂ©truire sur le terrain d'autrui, d'exposer en vente, de vendre, d'acheter, de transporter ou de colporter des oeufs ou des couvĂ©es d'oiseaux classĂ©s comme petit gibier ou gibier d'eau.

Le transport et la mise sur le marché d'oeufs de vanneau sont cependant autorisés.

Le propriétaire ou possesseur peut chasser ou faire chasser en tout temps, sans permis de port d'armes de chasse, dans ses possessions attenantes à son habitation et entourées d'une clÎture continue faisant obstacle à toute communication avec les héritages voisins et à tout passage de gibier.

Art. 6 bis .

Le sanglier est considĂ©rĂ© comme bĂȘte fauve et les occupants, leurs dĂ©lĂ©guĂ©s et gardes assermentĂ©s peuvent le dĂ©truire en tout temps Ă  l'aide d'armes Ă  feu et sans permis de port d'armes de chasse.

Le Roi détermine les conditions dans lesquelles est donnée la délégation prévue à l'alinéa suivant.

Le Roi détermine également les conditions dans lesquelles le tir du sanglier à l'affût peut se pratiquer.

Art. 6 ter .

Le pigeon ramier est considĂ©rĂ© comme oiseau nuisible. L'usage d'armes Ă  feu, sans permis de port d'armes de chasse en vue de sa destruction par l'occupant est subordonnĂ© Ă  l'autorisation mentionnĂ©e Ă  l'article 7 ter .

Art. 7.

L'occupant peut en tout temps prendre et détruire le lapin sauvage sur les terres qu'il occupe.

Il peut, sous sa responsabilité, charger de ce soin toute personne qui n'aura pas été l'objet d'une condamnation pour maraudage, délit de chasse, attentat contre les personnes ou contre les propriétés.

Ce mandat doit résulter d'une déclaration faite devant le bourgmestre ou son délégué.

Il est interdit de faire usage de poison.

L'usage d'armes Ă  feu est subordonnĂ© Ă  l'autorisation mentionnĂ©e Ă  l'article 7 ter .

Un arrĂȘtĂ© royal dĂ©termine, en outre, les moyens et les engins de destruction que l'occupant aura le droit d'employer, par dĂ©rogation Ă  l'article 8 de la prĂ©sente loi.

Toute convention contraire aux droits conférés à l'occupant par la présente loi est nulle.

Le titulaire du droit de chasse ou son délégué, muni d'un port d'armes, peut en tout temps affûter le lapin, une demi-heure avant le lever et une demi-heure aprÚs le coucher du soleil.

Il est interdit, sauf autorisation du Ministre de l'agriculture, de vendre, d'acheter, d'exposer en vente, de transporter ou de colporter, par quelque moyen que ce soit, les lapins sauvages ou des renards vivants, sous peine d'une amende de 200 Ă  1.000 francs et d'un emprisonnement de huit Ă  quinze jours ou d'une de ces peines seulement.

Sera puni des mĂȘmes peines celui qui aura mĂ©chamment dĂ©truit, trouĂ© ou dĂ©tĂ©riorĂ© des clĂŽtures Ă©tablies pour empĂȘcher la sortie ou l'entrĂ©e des lapins sauvages ou facilitĂ©, de quelque maniĂšre que ce soit, le passage des lapins au travers, en dessous ou au-dessus des clĂŽtures.

L'article 85 du Code pĂ©nal est applicable aux infractions prĂ©vues par le prĂ©sent article.

Art. 7 bis .

Les indemnités pour dommages causés par les lapins aux fruits et récoltes seront portées au double.

Celui qui se prĂ©tend lĂ©sĂ© prĂ©sente au juge de paix, soit verbalement, soit par Ă©crit, requĂȘte indiquant ses nom, profession et domicile, ceux de la personne responsable, ainsi que l'objet et la cause de la demande.

Si la requĂȘte est prĂ©sentĂ©e de vive voix, le juge en dresse procĂšs-verbal. Dans la huitaine, il nomme un expert et, aprĂšs avoir, en temps utile, fait connaĂźtre aux parties, par lettre recommandĂ©e, et au besoin par tĂ©lĂ©gramme enregistrĂ©, le contenu de la requĂȘte ainsi que le jour et l'heure de la visite des lieux et de l'expertise, il se transporte sur les lieux accompagnĂ© de l'expert. Quand la demande est sujette Ă  appel, il dresse procĂšs-verbal des dĂ©clarations de l'expert et, s'il y a lieu, de ses propres constatations. Les parties sont invitĂ©es Ă  faire connaĂźtre tous leurs moyens, au plus tard lors de cette descente.

Si le défendeur n'aime mieux payer sur-le-champ la somme fixée par l'expert comme double indemnité, ainsi que les frais, le juge renvoie la cause à une audience de la huitaine. Si l'une des parties n'est pas présente lors de ce renvoi, elle en est immédiatement avisée par lettre recommandée. A l'audience de renvoi, les parties sont entendues sans autre procédure, et le juge statue.

Lorsque le juge ordonne une enquĂȘte ou une nouvelle expertise, elles se font dans la huitaine et les parties, s'il y a lieu, plaident sans dĂ©semparer. Le jugement est rendu sur l'heure ou, au plus tard, dans la huitaine.

Si, pour des motifs exceptionnels, les délais indiqués ci-dessus ont été prorogés, le jugement fera mention de ces motifs.

Les droits de timbre, d'enregistrement et de greffe dus sur les actes de la procédure et sur ceux relatifs à l'exécution du jugement, sont liquidés en débet et recouvrés à charge de la partie succombante.

Celui qui se prétend lésé peut aussi introduire l'instance par voie de citation ordinaire. Dans ce cas, il peut assigner soit à toute fins, soit à seule fin d'expertise; les alinéas 2 à 6 ne seront pas applicables.

Les parties sont avisées, dans les trois jours du prononcé et par lettre recommandée à la poste, du dispositif de tout jugement non rendu en leur présence.

L'appel n'est plus recevable aprĂšs la quinzaine du prononcĂ© du jugement. Les demandes s'Ă©levant Ă  1.000 francs de dommage simple et au-dessous sont jugĂ©es sans appel et seules sujettes Ă  opposition.

Art. 7 ter .

Dans le cas oĂč il serait constatĂ© que la prĂ©sence d'une trop grande quantitĂ© de lapins, de pigeons ramiers ou de sangliers nuit aux produits de la terre, le Ministre de l'agriculture peut en autoriser la destruction. Il peut Ă©galement l'ordonner en dĂ©terminant les conditions auxquelles l'exĂ©cution de cette mesure sera soumise; dans ce cas, il a le droit de disposer des animaux tuĂ©s, Ă  moins que le titulaire du droit de chasse ne se les rĂ©serve en se soumettant au paiement des frais de destruction.

Art. 8.

Il est interdit en tout temps, sous peine d'une amende de 100 francs Ă  200 francs et d'un emprisonnement de huit jours Ă  un mois, d'employer des filets, lacets, bricoles, appĂąts et tous autres engins propres Ă  prendre, Ă  dĂ©truire ou Ă  faciliter soit la prise, soit la destruction du grand gibier, le sanglier exceptĂ©, du petit gibier, du gibier d'eau et du lapin sauvage.

Le transport et la dĂ©tention des engins mentionnĂ©s ci-dessus seront punis d'une amende de 100 Ă  200 francs. Ils pourront ĂȘtre recherchĂ©s et saisis conformĂ©ment aux rĂšgles prescrites par le Code d'instruction criminelle.

L'emploi et le transport de ces mĂȘmes engins seront punis d'une amende de 200 Ă  400 francs et d'un emprisonnement de quinze jours Ă  deux mois, si les dĂ©linquants Ă©taient armĂ©s, dĂ©guisĂ©s ou masquĂ©s ou si les faits ont Ă©tĂ© commis en bande ou pendant la nuit.

Dans tous les cas, les engins susmentionnés seront saisis et confisqués; le juge en ordonnera la destruction.

Art. 9.

La disposition de l'article précédent ne s'applique pas:

1° aux Ă©tablissements de canardiĂšres en temps de chasse ouverte;

2° aux bourses propres Ă  prendre le lapin;

3° aux lacets destinĂ©s Ă  prendre la bĂ©casse, pourvu que l'usage n'en ait lieu que dans les bois d'une Ă©tendue de 10 hectares au moins aux Ă©poques et dans les provinces ou parties de provinces qui sont dĂ©signĂ©es par le Ministre de l'agriculture.

4° aux engins que le propriĂ©taire ou son ayant droit sera autorisĂ© par le Ministre de l'agriculture Ă  employer, pour reprendre dans ses bois les faisans destinĂ©s Ă  la reproduction.

Art. 9 bis .

Sans prĂ©judice des dispositions de l'article 8, le Roi peut, dans chaque province ou partie de province, rĂ©glementer l'emploi des projectiles, engins, dispositifs ou procĂ©dĂ©s, en vue de l'exercice de la chasse.

Les infractions aux dispositions prises en exĂ©cution de l'alinĂ©a qui prĂ©cĂšde sont punies conformĂ©ment Ă  l'article 8, alinĂ©a premier.

Art. 10.

Dans chaque province ou partie de province, il est interdit de transporter ou de mettre sur le marché, sauf depuis le jour de l'ouverture jusque et y compris le dixiÚme jour aprÚs la fermeture de la chasse à ce gibier, le grand gibier, le petit gibier, le gibier d'eau ainsi que les autres gibiers désignés par le Ministre de l'agriculture, qu'ils soient vivants ou morts.

L'interdiction du premier alinéa ne s'applique pas aux pùtés des gibiers susvisés, à condition que le gibier utilisé soit totalement dénaturé.

En cas d'ouverture de la chasse dans un territoire limité, le Ministre de l'agriculture peut, durant la période envisagée, autoriser le transport du gibier abattu et déterminer les conditions de ce transport.

Il est Ă©galement interdit aux marchands de comestibles, traiteurs et aubergistes, de dĂ©tenir, mĂȘme hors de leur domicile, le gibier dĂ©signĂ© Ă  l'alinĂ©a premier, comme Ă  toute personne de receler ou dĂ©tenir lesdites espĂšces de gibier pour le compte de marchands ou trafiquants.

Chaque infraction aux dispositions du prĂ©sent article sera punie d'une amende de 50 Ă  100 francs.

Art. 11.

Le gibier ne peut ĂȘtre recherchĂ© et saisi, conformĂ©ment aux rĂšgles prescrites par le Code d'instruction criminelle, que chez les marchands de comestibles, traiteurs et aubergistes, dans les lieux publics ou les voitures publiques.

La recherche et la saisie ne peuvent ĂȘtre pratiquĂ©es par les mĂȘmes voies en d'autres lieux que si le gibier y est dĂ©posĂ© pour ĂȘtre livrĂ© au commerce.

Le gibier saisi est immédiatement mis, par le bourgmestre de la commune, à la disposition de l'hospice le plus rapproché.

Art. 12.

Le transport du gibier vivant visĂ© Ă  l'article 10, premier alinĂ©a et des oeufs visĂ©s Ă  l'article 6, deuxiĂšme alinĂ©a, peut ĂȘtre autorisĂ© par le Ministre de l'agriculture en temps de fermeture de la chasse, aux conditions qu'il dĂ©termine.

Art. 13.

Il ne sera permis de chasser dans les domaines de l'Etat qu'en vertu d'une adjudication publique.

NĂ©anmoins, la chasse dans les forĂȘts de Soignes, de Saint-Hubert et d'Hertogenwald, ainsi que dans les propriĂ©tĂ©s de l'Etat avoisinant le domaine d'Ardenne, est rĂ©servĂ©e Ă  la Couronne.

Art. 14.

Quiconque est trouvĂ© chassant et ne justifiant pas d'un permis de port d'armes de chasse sera puni d'une amende de 100 francs.

Sera puni de la mĂȘme peine celui qui aura chassĂ© au lĂ©vrier sans ĂȘtre muni d'un permis spĂ©cial, dont le prix sera le mĂȘme que celui du permis de port d'armes de chasse.

Les permis de port d'armes de chasse et les permis de chasse au lĂ©vrier sont personnels; ils ne sont valables que pour une annĂ©e Ă  partir du 1er juillet.

Un arrĂȘtĂ© royal rĂšgle le mode, la forme et les conditions de leur dĂ©livrance.

Outre l'amende prĂ©vue par le prĂ©sent article, celui qui est trouvĂ© chassant et ne justifiant pas d'un permis de port d'armes de chasse ou qui aura chassĂ© au lĂ©vrier, sans ĂȘtre muni d'un permis spĂ©cial, sera condamnĂ© d'office au paiement du montant de la taxe due pour le permis et qui a Ă©tĂ© Ă©ludĂ© par le fait de l'infraction.

Art. 15.

Les infractions prévues par les articles 3, 4, 6 et 14 ci-dessus seront punies d'une amende double et d'un emprisonnement de huit jours à un mois lorsqu'elles auront été commises au moyen d'une arme prohibée, lorsque les délinquants étaient déguisés ou masqués, ou lorsque les faits auront été commis en bande ou pendant la nuit.

Art. 16.

Les peines seront portĂ©es au double Ă  l'Ă©gard des employĂ©s des douanes, gardes champĂȘtres ou forestiers, gendarmes et gardes particuliers qui se rendront coupables de l'une des infractions prĂ©vues par la prĂ©sente loi.

Art. 17.

En cas de concours de plusieurs infractions, les peines seront cumulées, sans qu'elles puissent néanmoins excéder le double du maximum de la peine la plus forte.

(AbrogĂ© implicitement par l'article 30)

Art. 18.

Chacune des diffĂ©rentes peines sera doublĂ©e en cas de rĂ©cidive. Elle sera triplĂ©e s'il survient une troisiĂšme condamnation, et la mĂȘme progression sera suivie pour les condamnations ultĂ©rieures.

Toutefois, ces peines ne pourront excĂ©der 1.000 francs d'amende et huit mois d'emprisonnement.

Il y a récidive lorsque le délinquant a subi, dans le courant des deux années qui précÚdent, une condamnation pour l'une des infractions prévues par la présente loi.

Art. 19.

(S'il existe des circonstances attĂ©nuantes, les tribunaux sont autorisĂ©s Ă  prononcer sĂ©parĂ©ment les peines d'emprisonnement et d'amende, dans tous les cas prĂ©vus par les articles 8, 15 et 16 de la prĂ©sente loi - abrogĂ© implicitement par la loi du 30 dĂ©cembre 1936, cf. art. 30).

En cas de récidive d'infractions punies de l'emprisonnement, cette peine sera toujours prononcée.

Art. 20.

A l'exception du cas prĂ©vu par l'article 4, alinĂ©a 1er, l'arme dont le dĂ©linquant s'est servi sera confisquĂ©e; il est tenu de la remettre immĂ©diatement entre les mains de l'agent verbalisant.

A dĂ©faut d'avoir opĂ©rĂ© cette remise, il encourt une amende spĂ©ciale de 100 francs.

Art. 21.

Le pÚre, la mÚre, les maßtres et les commettants sont civilement responsables des infractions prévues par la présente loi, commises par leurs enfants mineurs, non mariés, demeurant avec eux, domestiques ou préposés, sauf tout recours de droit.

Cette responsabilitĂ© sera rĂ©glĂ©e conformĂ©ment Ă  l'article 1384 du Code civil et ne s'appliquera qu'aux dommages-intĂ©rĂȘts et frais, sans toutefois donner lieu Ă  la contrainte par corps.

Art. 22.

Les chasseurs ne peuvent ĂȘtre dĂ©sarmĂ©s, sauf dans les cas suivants:

1° lorsque le dĂ©linquant est dĂ©guisĂ© ou masquĂ©, lorsqu'il refuse de faire connaĂźtre son nom ou qu'il n'a pas de domicile connu;

2° lorsque l'infraction est commise pendant la nuit;

3° lorsque le dĂ©linquant s'est livrĂ© Ă  des menaces, Ă  des outrages ou Ă  des violences envers les agents de l'autoritĂ© ou de la force publique.

Dans les cas prĂ©vus au n°1, le dĂ©linquant peut ĂȘtre arrĂȘtĂ© et conduit devant le bourgmestre ou le juge du tribunal de police lequel s'assure de son individualitĂ© et le met, s'il y a lieu, Ă  la disposition du procureur du Roi.

Art. 23.

Les infractions prévues par la présente loi seront prouvées soit par procÚs-verbaux ou rapports, soit par témoins, à défaut de rapports et procÚs-verbaux ou à leur appui.

Art. 24.

Les procĂšs-verbaux des bourgmestres et Ă©chevins, membres de la police communale revĂȘtus de la qualitĂ© d'officier de police judiciaire, gendarmes, gardes forestiers, cantonniers, chefs de station, ou gardes assermentĂ©s des particuliers feront foi jusqu'Ă  preuve contraire.

Les procĂšs-verbaux des employĂ©s des douanes feront Ă©galement foi jusqu'Ă  preuve contraire lorsque dans les lieux oĂč ils sont autorisĂ©s Ă  exercer leurs fonctions, ces agents rechercheront et constateront les infractions prĂ©vues par l'article 8, alinĂ©as 1er et 3, et par l'article 10, alinĂ©a 1er.

Art. 25.

(...)

Art. 26.

Les poursuites auront lieu d'office; mais s'il s'agit uniquement d'une contravention aux articles 4 ou 5, les poursuites n'auront lieu que sur la plainte du propriĂ©taire de la chasse ou ayant droit. Le plaignant ne sera tenu de se constituer partie civile que s'il veut conclure aux dommages-intĂ©rĂȘts.

Toutefois, si la contravention Ă  l'article 4 a Ă©tĂ© commise sur une propriĂ©tĂ© qui fait partie du domaine public ou du domaine privĂ© de l'Etat, de la province, de la commune ou des Ă©tablissements publics et dont la chasse n'est pas louĂ©e, les poursuites auront lieu d'office.

Art. 27.

Dans tous les cas prévus par la présente loi, le juge prononce, à défaut de payement de l'amende, un emprisonnement dont l'exécution et la durée sont réglées conformément aux articles 40 et 41 du Code pénal.

Art. 28.

Toute action pour une des infractions prĂ©vues par la prĂ©sente loi sera prescrite par le laps de trois mois, Ă  compter du jour oĂč l'infraction aura Ă©tĂ© commise.

Art. 29.

Le tribunal saisi de la connaissance d'une des infractions prĂ©vues par la prĂ©sente loi pourra adjuger des dommages-intĂ©rĂȘts sur la plainte du propriĂ©taire des fruits, visĂ©e par le bourgmestre et accompagnĂ©e d'un procĂšs-verbal d'Ă©valuation du dommage, dressĂ© sans frais par ce fonctionnaire.

La disposition qui prĂ©cĂšde est applicable dans les cas de l'article 552, n°6 et de l'article 556, nos 6 et 7 du Code pĂ©nal.

Art. 30.

Les dispositions du livre Ier du Code pĂ©nal, sans exception du chapitre VII et de l'article 85, sont applicables aux infractions prĂ©vues par la prĂ©sente loi. Toutefois, dans le cas d'admission de circonstances attĂ©nuantes, l'amende spĂ©ciale prĂ©vue par le second alinĂ©a de l'article 20 n'est pas rĂ©duite et le tribunal de police est compĂ©tent pour la prononcer.

Art. 30 bis .

Le Roi peut, dans l'intĂ©rĂȘt de. la science, de la conservation de la nature ou en vue de prĂ©venir des dommages, dĂ©roger aux dispositions des articles 1er bis , 2 bis , 6, alinĂ©a 2, et 10, alinĂ©a premier, de la prĂ©sente loi.

Art. 31.

Le Roi peut prendre toutes les mesures utiles pour la protection de toutes les espĂšces d'oiseaux vivant Ă  l'Ă©tat sauvage, autres que ceux mentionnĂ©s Ă  l'article 1erbis de la prĂ©sente loi, ainsi que pour la protection de leurs oeufs, mĂȘme vidĂ©s, et couvĂ©s. Ces mesures pourront s'appliquer aux oiseaux vivants, morts ou naturalisĂ©s.

Les faits interdits par les mesures prises en vertu de l'alinéa précédent seront punis d'une amende de 5 à 25 F, outre la confiscation des oiseaux saisis, ainsi que des filets, lacets, appùts et autres engins.

En cas de récidive, l'amende sera élevée au maximum et le tribunal pourra, indépendamment de l'amende, prononcer un emprisonnement de trois jours à sept jours.

Art. 32.

Sont abrogĂ©s, le dĂ©cret des 28-30 avril 1790, le dĂ©cret du 11 juillet 1810, le dĂ©cret du 4 mai 1812, en tant qu'il se rapporte aux permis de port d'armes de chasse, les lois du 26 fĂ©vrier 1846 et du 29 mars 1873, ainsi que toutes autres dispositions contraires Ă  la prĂ©sente loi.

Art. 37.

(

Toute action pour une des infractions prĂ©vues par la prĂ©sente loi sera prescrite par un dĂ©lai d'un an, Ă  compter du jour oĂč l'infraction aura Ă©tĂ© commise.

Toutefois l'alinĂ©a premier n'est pas applicable aux faits interdits par les mesures prises par le Roi en vertu de l'article 31, alinĂ©a premier lorsqu'elles sont relatives Ă  l'importation, Ă  l'exportation et au transit d'espĂšces d'oiseaux non indigĂšnes et leurs dĂ©pouilles – DĂ©cret du 18 juillet 1985, art. 1er) .